Le métier d’AESH recrute massivement – 134 800 postes à la rentrée 2024 – et pourtant, beaucoup de candidats ne savent pas par où commencer ni comment France Travail peut les aider concrètement.
Ce n’est pas France Travail qui forme les AESH, mais c’est souvent lui qui ouvre la porte. Voici comment fonctionne réellement ce parcours.
Quel est le rôle de France Travail dans l’accès à la formation AESH?
France Travail – anciennement Pôle emploi – ne dispense pas lui-même la formation AESH. Son rôle est ailleurs : orienter, financer et préparer les candidats avant qu’ils entrent dans le dispositif de l’Éducation nationale.
Concrètement, votre conseiller France Travail peut vous proposer une Mise en Situation en Milieu Professionnel (PMSMP) – une immersion de quelques jours dans un établissement scolaire, pour vérifier que le métier correspond à vos attentes. C’est une étape courte mais utile, surtout si vous changez de secteur.
France Travail peut ensuite mobiliser plusieurs dispositifs de financement pour couvrir votre parcours de formation. Il évalue votre profil, votre niveau de départ et oriente vers les organismes partenaires ou les centres conventionnés adaptés à votre situation.
Où se former pour devenir AESH?

La réponse dépend du moment où vous vous posez cette question : avant ou après le recrutement. Une fois recruté par un rectorat ou une DSDEN, c’est l’Éducation nationale qui prend en charge votre formation initiale. Avant, plusieurs acteurs entrent en jeu.
Les centres de formation AESH privés conventionnés avec France Travail proposent des parcours préparatoires ou certifiants, notamment vers le DEAES (Diplôme d’État d’Accompagnant Éducatif et Social).
Ces centres sont accessibles aux demandeurs d’emploi dans le cadre de dispositifs financés.
Pour ceux qui envisagent une reconversion professionnelle vers l’accompagnement scolaire, la PMSMP reste une première étape concrète à demander à France Travail. Elle conditionne souvent l’accès aux aides financières qui suivent.
Peut-on devenir AESH sans diplôme?
Oui – et c’est l’une des portes d’entrée les plus méconnues. Selon le décret n°2014-724 du 27 juin 2014, modifié en 2018, trois voies permettent d’exercer le métier :
- Le baccalauréat (ou niveau IV équivalent)
- Le DEAES spécialité inclusion scolaire
- 9 mois d’expérience dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap
Si vous ne remplissez aucune de ces conditions, France Travail peut construire un parcours adapté pour vous permettre d’y accéder. Cela peut passer par une remise à niveau, une formation certifiante partielle, ou directement par le DEAES complet.
Le DEAES est aussi accessible par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Si vous avez travaillé plusieurs années dans le médico-social ou l’aide à la personne, cette voie mérite d’être sérieusement envisagée avant de vous lancer dans une formation longue.
C’est d’ailleurs la même logique que pour d’autres certifications du secteur social, comme certains diplômes de niveau cadre en travail social qui s’obtiennent également en VAE.
Durée et contenu : de 60 heures à 2 ans selon votre profil

La durée de la formation AESH varie considérablement selon le point de départ. Voici comment se structure le parcours :
| Situation | Type de formation | Durée approximative |
|---|---|---|
| Déjà recruté par l’Éducation nationale | Formation d’adaptation à l’emploi (60 heures) | Première année de contrat |
| Demandeur d’emploi avec lacunes | Remise à niveau via France Travail | 1 à 2 mois |
| Candidat sans diplôme requis | Formation certifiante partielle DEAES | 6 à 12 mois |
| Candidat souhaitant le DEAES complet | Parcours DEAES intégral | Jusqu’à 2 ans |
La formation AESH de 60 heures imposée par l’Éducation nationale est obligatoire et se déroule pendant le temps de service. Elle n’est pas négociable. Le DEAES complet, lui, représente 1 365 heures : 840 heures de pratique réparties sur 2 ou 3 stages, et 525 heures de formation théorique.
Ce volume est conséquent. Pour autant, certains professionnels du secteur estiment que même cette formation reste insuffisante face à la diversité des situations rencontrées en classe – une réalité à intégrer dans votre projection.
La formation AESH est-elle rémunérée?
La réponse varie selon le dispositif dans lequel vous vous trouvez. Voici la situation selon chaque cas :
- Formation de 60 heures incluse dans le contrat : elle est réalisée pendant le temps de service, donc rémunérée comme du temps de travail normal.
- Demandeur d’emploi percevant l’ARE : vous continuez à toucher votre allocation chômage pendant toute la durée de la formation financée par France Travail.
- Dispositif POE, AFC ou PIC : ces outils prévoient une rémunération ou un maintien de revenu pendant la formation, selon les conditions d’éligibilité.
- Formation via CPF uniquement : pas de rémunération automatique, sauf si elle se combine avec un autre dispositif.
En pratique, un demandeur d’emploi indemnisé qui entre dans une formation AESH via France Travail ne perd pas ses droits. C’est un point qui rassure beaucoup de candidats, et à juste titre.
Les dispositifs de financement disponibles pour les demandeurs d’emploi

France Travail dispose de plusieurs outils pour financer un parcours de formation vers le métier d’AESH. Ils ne s’excluent pas forcément : certains peuvent se combiner selon votre profil.
| Dispositif | Pour qui | Ce qu’il couvre |
|---|---|---|
| POE (Préparation Opérationnelle à l’Emploi) | Demandeurs d’emploi avec promesse d’embauche | Formation préalable à la prise de poste, jusqu’à 400 heures |
| AFC (Action de Formation Conventionnée) | Demandeurs d’emploi orientés par France Travail | Frais pédagogiques + maintien de rémunération |
| PIC (Plan d’Investissement dans les Compétences) | Demandeurs d’emploi peu qualifiés | Financement de formations longues et certifiantes |
| CPF (Compte Personnel de Formation) | Tout actif ou demandeur d’emploi | Frais pédagogiques dans la limite du solde disponible |
Le CPF seul couvre rarement la totalité d’un DEAES complet. En revanche, combiné à une AFC ou au PIC, il peut combler le reste à charge. Votre conseiller France Travail est en mesure de vous indiquer les formations éligibles dans votre département et les appels à projets en cours.
La formation en alternance est une autre piste à explorer si vous souhaitez financer un DEAES sans mobiliser toutes vos heures CPF. Certaines formations du secteur social s’ouvrent à l’alternance sans condition de niveau, ce qui peut changer la donne selon votre situation.
Le métier d’AESH en 2024-2025 : un secteur en forte croissance mais qui interroge
Les chiffres sont éloquents. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 134 800 AESH étaient en activité à la rentrée 2024, soit une progression moyenne de 4,2 % par an depuis 2020. La stabilisation des contrats est également réelle : 64 % des AESH sont aujourd’hui en CDI, contre seulement 16 % en 2020.
Ces évolutions traduisent une volonté politique de professionnaliser le secteur. Mais sur le terrain, les AESH sont nombreux à signaler des conditions d’exercice difficiles – temps partiels imposés, manque d’encadrement, situations de handicap complexes mal préparées par la formation initiale.
Certaines situations d’accompagnement mal cadrées génèrent des tensions que la formation de 60 heures ne suffit pas toujours à anticiper.
Les perspectives d’évolution existent néanmoins. Le DEAES ouvre des portes vers d’autres métiers de l’accompagnement médico-social. La VAE permet de valoriser les années passées en poste.
Et la montée en charge des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) crée progressivement des fonctions de coordination accessibles aux AESH expérimentés.
Se lancer dans ce métier en 2025, c’est entrer dans un secteur qui recrute et qui se structure – avec les yeux ouverts sur ce qu’il demande vraiment.