Top 50 des langues les plus difficiles à apprendre dans le monde

Top 50 des langues les plus difficiles à apprendre

Sur les quelque 7 000 langues que compte la planète, certaines vous demanderont six mois, d’autres une décennie entière.

L’écart n’est pas une question de talent, mais de distance linguistique – et les chiffres sont sans appel.

Comment les langues sont-elles classées par niveau de difficulté?

Le Foreign Service Institute (FSI), organisme fédéral américain chargé de former les diplomates, a développé la référence mondiale en matière de classement des langues par difficulté.

Sa méthode repose sur une donnée concrète : le nombre d’heures nécessaires pour qu’un anglophone natif atteigne un niveau professionnel opérationnel.

Le FSI répartit les langues en quatre catégories. La catégorie I (environ 600 à 750 heures, soit 24 à 30 semaines) regroupe les langues proches de l’anglais : espagnol, français, italien, portugais, roumain, néerlandais, norvégien, suédois, danois.

La catégorie II monte à 900 heures pour des langues légèrement plus éloignées comme l’allemand ou le malgache.

La catégorie III exige environ 1 100 heures (44 semaines) : russe, grec, polonais, tchèque, croate, turc, vietnamien, thaï, hindi, hébreu, persan, tagalog.

La catégorie IV, réservée aux cinq langues dites « super-difficiles », requiert 2 200 heures soit 88 semaines – soit quatre fois plus que le danois ou l’italien.

Ce classement est la référence citée par les universités, les applications d’apprentissage et les instituts linguistiques du monde entier.

Il a une limite connue : il mesure la difficulté pour des anglophones, pas pour des francophones. Mais les ordres de grandeur restent valables.

Le classement des 50 langues les plus difficiles au monde

50 des langues les plus difficiles à apprendre

Voici les 50 langues classées par ordre croissant de difficulté, selon les données du FSI et les analyses linguistiques comparatives.

RangLangueCatégorie FSIHeures estiméesFamille linguistique
1DanoisI575Germanique
2NorvégienI575Germanique
3SuédoisI575Germanique
4NéerlandaisI575Germanique
5EspagnolI600Roman
6PortugaisI600Roman
7ItalienI600Roman
8RoumainI600Roman
9FrançaisI600Roman
10AllemandII900Germanique
11Haïtien créoleII900Créole roman
12MalgacheII900Austronésienne
13SwahiliII900Bantoue
14Malais / IndonésienII900Austronésienne
15HébreuIII1 100Sémitique
16Persan (Farsi)III1 100Indo-iranienne
17HindiIII1 100Indo-aryenne
18TagalogIII1 100Austronésienne
19TurcIII1 100Turco-mongole
20ThaïIII1 100Taï-kadaï
21VietnamienIII1 100Austroasiatique
22GrecIII1 100Hellénique
23RusseIII1 100Slave
24PolonaisIII1 100Slave
25TchèqueIII1 100Slave
26Serbe / CroateIII1 100Slave
27SlovaqueIII1 100Slave
28UkrainienIII1 100Slave
29HongroisIII1 100Finno-ougrienne
30FinlandaisIII1 100Finno-ougrienne
31EstonienIII1 100Finno-ougrienne
32GéorgienIII1 100Kartvélienne
33AlbanaisIII1 100Indo-européenne isolée
34MongolIII1 100Turco-mongole
35IslandaisIII+1 200Germanique
36LituanienIII1 100Baltique
37LettonIII1 100Baltique
38Swahili avancéIII1 100Bantoue
39AmhariqueIII+1 200Sémitique
40TibétainIII+1 200Sino-tibétaine
41BirmanIII+1 200Sino-tibétaine
42KhmerIII+1 200Austroasiatique
43OurdouIII+1 200Indo-aryenne
44Taïwanais (Minnan)III+1 300Sino-tibétaine
45ArabeIV2 200Sémitique
46MandarinIV2 200Sino-tibétaine
47CantonaisIV2 200Sino-tibétaine
48JaponaisIV2 200Japono-ryukyuane
49CoréenIV2 200Isolat
50TchétchèneIV+2 400+Nakho-daghestanienne

Quelle est la langue la plus difficile à écrire?

Sur la seule dimension de l’écriture, le mandarin et le japonais occupent une place à part. Le japonais exige la maîtrise de 2 136 kanji officiels – les joyo kanji – pour lire un journal ou un roman courant.

À cela s’ajoutent deux syllabaires phonétiques, le hiragana et le katakana, soit trois systèmes d’écriture à utiliser simultanément selon le contexte.

L’arabe pose un défi de nature différente. Il s’écrit de droite à gauche, et chaque lettre prend une forme distincte selon qu’elle est isolée, en début, en milieu ou en fin de mot.

Apprendre l’alphabet ne suffit pas : vous devez mémoriser jusqu’à quatre variantes graphiques par caractère, soit potentiellement 120 formes pour les 28 lettres de base.

Le coréen, avec son alphabet hangeul, est souvent cité comme l’un des systèmes les mieux conçus phonétiquement – il peut s’apprendre en quelques jours.

Mais le lire couramment est une autre affaire : la langue regorge de caractères hanja d’origine chinoise, encore utilisés dans les textes juridiques et les médias.

Pour écrire, l’arabe et le japonais restent les deux obstacles les plus redoutables.

Quelles sont les langues les plus difficiles à apprendre pour un francophone?

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Le classement FSI est calibré pour des anglophones. Pour un locuteur francophone, certaines langues changent de niveau.

Le chinois, l’arabe et le japonais restent au sommet, mais l’islandais et le hongrois méritent une mention particulière.

Le hongrois présente 35 terminaisons verbales là où le français en compte 6. Son alphabet comprend 42 lettres dont 14 voyelles.

La logique grammaticale repose sur un système de suffixes agglutinants : au lieu d’utiliser des prépositions séparées, vous modifiez la fin du mot pour exprimer lieu, direction, instrument ou possession.

Un même concept peut produire des mots de 15 à 20 caractères.

L’arabe, parlé par plus de 310 millions de personnes entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, implique une conjugaison à 15 formes verbales différentes selon le genre, le nombre et la personne.

Atteindre un niveau conversationnel en arabe demande entre 1 800 et 3 000 heures d’étude pour un francophone – et encore, l’arabe parlé diffère souvent radicalement de l’arabe écrit standardisé.

Les apprenants qui envisagent des études à Tokyo, comme ceux qui s’inscrivent dans une école de japonais à Tokyo, mesurent rapidement l’ampleur de l’investissement linguistique à prévoir avant même d’arriver.

Le français est-il vraiment une langue difficile?

Le français arrive en catégorie I du FSI, aux côtés de l’espagnol et de l’italien. Pour un anglophone, il faut environ 600 heures pour atteindre un niveau professionnel.

Selon l’UNESCO, le français se classe en 10e position parmi les langues les plus difficiles à apprendre – loin derrière le grec et le mandarin, qui occupent les deux premières places.

Cela dit, le français n’est pas sans pièges. Sa conjugaison génère des centaines de formes verbales avec des exceptions qui contredisent les règles, et l’oral aggrave le problème : les lettres muettes en fin de mot, les liaisons obligatoires ou interdites selon le contexte, et le « r » guttural rendent la prononciation peu intuitive pour la plupart des apprenants non-européens.

Un apprenant lusophone (portugais, brésilien) progressera vite grâce à la proximité des deux langues romanes.

Un locuteur japonais ou coréen, en revanche, partira de zéro sur tous les plans : alphabet, grammaire, syntaxe. Pour eux, le français n’est pas si « facile » – même si les chiffres du FSI restent favorables.

Les langues de catégorie IV : pourquoi prennent-elles autant de temps?

Top 50 des langues les plus difficiles à apprendre avis

Les cinq langues dites « super-difficiles » du FSI – mandarin, arabe, japonais, coréen, cantonais – cumulent plusieurs obstacles simultanément. Ce n’est pas une seule caractéristique qui pèse, mais leur combinaison.

Le mandarin et le cantonais utilisent des tons : en mandarin, la syllabe « ma » peut signifier « mère », « chanvre », « cheval » ou « gronder » selon le ton employé.

Quatre tons en mandarin, neuf en cantonais. Une erreur de ton change radicalement le sens – et l’oreille non entraînée ne les distingue pas spontanément.

Le japonais ajoute à cela la politesse grammaticalisée : selon votre interlocuteur (patron, ami, inconnu, client), vous utilisez des registres de langue différents avec des vocabulaires distincts.

Ce n’est pas une question de formules polies, mais de structures grammaticales entières qui changent. Les étudiants qui intègrent des universités à l’étranger apprennent souvent cette réalité à leurs dépens.

L’arabe, quant à lui, confronte les apprenants à la digraphie : l’arabe littéral (fusha) et les dialectes régionaux sont si différents qu’un Algérien et un Égyptien peuvent avoir du mal à se comprendre à l’oral.

Apprendre l’un ne garantit pas de maîtriser l’autre.

Combien de temps faut-il réellement pour maîtriser une langue difficile?

Les données FSI mesurent le niveau B2/C1 en contexte professionnel. Mais selon votre objectif – commander un café, négocier un contrat ou comprendre un film sans sous-titres – les repères changent radicalement.

Pour une langue de catégorie I comme l’espagnol ou l’italien, comptez environ 300 à 400 heures pour un niveau conversationnel solide.

Pour une langue de catégorie III comme le russe ou le turc, un niveau conversationnel réel exige déjà 700 à 900 heures.

Pour le japonais ou l’arabe, atteindre ce même seuil conversationnel demande 1 800 à 3 000 heures – soit 5 à 8 ans à raison d’une heure par jour.

Concrètement, 2 200 heures à une heure quotidienne représentent six ans d’effort continu. À deux heures par jour, trois ans. À quatre heures – le rythme d’une immersion intensive -, un peu moins de deux ans.

Ces chiffres expliquent pourquoi certains pays investissent massivement dans l’apprentissage précoce de ces langues dès l’école primaire.

La distance linguistique n’est pas une fatalité. Mais elle mérite d’être regardée en face avant de choisir quelle langue apprendre – et surtout, combien de temps vous êtes prêt à y consacrer.