DTS Imagerie Médicale et Radiologie Thérapeutique : formation, admission et débouchés

DTS Imagerie Médicale et Radiologie Thérapeutique

Moins de 2 000 places pour l’ensemble du territoire, des candidats souvent surpris par la sélectivité, et un métier qui opère au croisement de la physique des rayonnements et du soin aux patients.

Le DTS Imagerie Médicale et Radiologie Thérapeutique attire chaque année des milliers de dossiers pour un quota d’admis qui reste serré. Avant de postuler, voici ce qu’il faut comprendre.

C’est quoi le DTS Imagerie Médicale et Radiologie Thérapeutique?

Le DTS IMRT est un diplôme d’État de niveau bac+3, conférant le grade de licence et validant 180 crédits ECTS. Il forme les manipulateurs en électroradiologie médicale, profession réglementée par les articles L.4351-1 et R.4351-1 et suivants du Code de la santé publique.

La formation dure trois ans, pour un volume horaire d’environ 4 200 heures, réparties entre enseignements théoriques et stages cliniques.

Le diplôme couvre quatre grands domaines d’exercice : l’imagerie médicale (radiographie conventionnelle, scanner, IRM), la médecine nucléaire (TEP-scan, scintigraphies), la radiothérapie et les explorations fonctionnelles.

Autrement dit, un manipulateur formé via ce diplôme peut travailler aussi bien dans un service d’urgences équipé d’un scanner que dans un centre de traitement du cancer.

Le titre est enregistré au Répertoire National des Certifications Professionnelles sous la référence RNCP 39498, avec une date d’enregistrement fixée au 1er septembre 2024.

Cette inscription garantit la reconnaissance nationale du diplôme et sa portabilité dans les différents secteurs d’activité – hôpital public, clinique privée, cabinet libéral de radiologie.

DTS, DE, BTS : quelles différences concrètes?

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La confusion entre ces trois sigles est fréquente. Elle s’explique par une histoire institutionnelle un peu complexe, mais les différences sont réelles et ont des conséquences directes sur votre carrière.

DiplômeNiveauDuréeTutelleExemple
DTSBac+3 (grade licence)3 ansSanté + Éducation nationaleDTS IMRT
DEBac+3 (grade licence)3 ansMinistère de la SantéDE Infirmier, DE Kinésithérapeute
BTSBac+22 ansÉducation nationaleBTS Analyses de biologie médicale

Le BTS s’arrête à bac+2 : deux ans de formation, sans grade licence. C’est un diplôme de l’Éducation nationale classique, sans dimension paramédicale réglementée.

Le DE (diplôme d’État) comme celui d’infirmier relève du seul ministère de la Santé.

Le DTS, lui, est co-géré par les deux ministères, ce qui explique qu’il soit préparé dans des lycées et dans des instituts de formation aux métiers de l’électroradiologie médicale (IFMEM).

Sur la fiche de paie, le grade licence du DTS ouvre les mêmes droits de classification que le DE infirmier depuis la réforme LMD.

Programme et organisation des 3 années de formation

Le programme officiel s’articule autour de six domaines d’enseignement, déclinés en 57 unités d’enseignement hors stages.

Ces six domaines sont : Sciences humaines, sociales et droit ; Sciences de la matière, de la vie et sciences médicales ; Fondements et méthodes en imagerie médicale ; Interventions en imagerie médicale ; Outils et méthodes de travail ; Intégration des savoirs et posture professionnelle.

Sur les 4 200 heures totales, environ la moitié se passe en stage. Selon les établissements, la durée de stage varie entre 40 et 60 semaines sur trois ans – certaines fiches Parcoursup mentionnent jusqu’à 60 semaines de terrain, en alternance avec 60 semaines de cours en établissement.

Cette forte proportion de stage n’est pas anecdotique : le métier s’apprend autant en salle d’IRM qu’en amphithéâtre. Les stages se déroulent dans tous les domaines couverts par le diplôme.

Un étudiant peut ainsi passer d’un service de radiologie conventionnelle à un bloc de radiothérapie ou à un plateau de médecine nucléaire au cours de la même année.

Cette diversité oblige à une maîtrise solide de la terminologie médicale, des préfixes aux suffixes anatomiques, dès les premières semaines de formation.

Comment intégrer le DTS IMRT via Parcoursup?

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L’accès se fait par la procédure nationale de préinscription encadrée par les articles L.612-3 et L.612-3-2 du Code de l’éducation, c’est-à-dire via Parcoursup.

Les bacheliers éligibles sont principalement ceux issus des séries à dominante scientifique : bac général avec spécialités sciences, bac STL ou bac ST2S. Un profil littéraire sans bagage scientifique partira avec un handicap réel sur le dossier.

Selon l’Onisep, 40 établissements proposent le DTS IMRT en France. La capacité totale d’accueil atteignait 1 945 places en 2024, contre 1 728 l’année précédente, soit une hausse de 12,5 % – un signal positif, mais qui ne change pas fondamentalement la pression à l’entrée.

Pour mesurer concrètement la sélectivité : au Lycée Blaise Pascal de Châteauroux, la session 2025 comptait 249 vœux pour 21 places, avec un taux d’accès de 34 %. Les critères de sélection portent sur les notes en sciences, la lettre de motivation et, selon les établissements, un entretien.

L’admission est également conditionnée à un certificat médical d’aptitude physique et psychologique, ainsi qu’à la mise à jour des vaccinations réglementaires, dont le BCG et l’hépatite B.

Accéder au DTS IMRT hors Parcoursup : quelles options?

Parcoursup ne couvre pas la totalité des voies d’accès. Certains établissements privés organisent leurs propres procédures de sélection en dehors de la plateforme nationale, avec des dates de dépôt de dossier et des modalités d’entretien propres à chaque école.

Ces candidatures directes concernent principalement les IFMEM privés.

La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) existe théoriquement pour le DTS IMRT, mais elle reste rare en pratique : le diplôme exige des compétences techniques spécifiques à l’irradiation et à la manipulation d’équipements lourds, difficiles à valider sans parcours formalisé.

Des passerelles sont possibles depuis certains BTS du domaine de la santé, mais elles ne dispensent pas de la totalité du programme.

Pour les personnes en reconversion qui n’ont pas effectué leur bac récemment, la voie de l’accès parallèle via un projet professionnel formalisé et un dossier de motivation solide reste la plus réaliste dans les établissements privés acceptant des profils atypiques.

Le DTS IMRT en apprentissage : ce qu’il faut savoir avant de s’engager

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Le contrat d’apprentissage appliqué au DTS IMRT fonctionne comme dans d’autres formations de santé : l’apprenti alterne entre son établissement de formation et son entreprise d’accueil, généralement un hôpital ou une clinique.

La rémunération suit le barème légal de l’apprentissage, soit un pourcentage du SMIC calculé selon l’âge et l’année de formation – un avantage financier réel sur trois ans.

L’École d’Assas, à Paris, propose notamment le DTS IMRT via un contrat de formation par l’apprentissage.

Cette voie attire des candidats qui souhaitent financer leur formation tout en accumulant de l’expérience terrain dès la première année. C’est aussi une façon d’entrer plus rapidement dans les réseaux professionnels du secteur.

La contrainte principale tient à la nature réglementée de la formation : les stages obligatoires restent exigibles dans leur intégralité, même en apprentissage. L’établissement d’accueil doit couvrir l’ensemble des domaines de compétence prévus par le référentiel.

Trouver un maître d’apprentissage capable de répondre à ces exigences sur les quatre spécialités du diplôme – imagerie, nucléaire, radiothérapie, explorations fonctionnelles – demande une organisation rigoureuse.

Écoles privées : coûts, types d’établissements et points de vigilance

Trois types de structures préparent au DTS IMRT : les IFMEM (instituts de formation aux métiers de l’électroradiologie médicale), privés ou rattachés à des hôpitaux ; les CFA et GRETA ; et les lycées publics. Dans le public, la formation est gratuite (hors frais de vie courante).

Dans le privé, les frais de scolarité s’échelonnent entre 3 000 et 6 000 euros par an selon les données relevées par Thotis, soit jusqu’à 18 000 euros sur trois ans.

Avant de vous engager dans une école privée, vérifiez systématiquement deux points. Premier point : l’établissement est-il agréé par le ministère de la Santé et reconnu par l’Éducation nationale pour délivrer le DTS IMRT ?

Sans cet agrément, le diplôme obtenu n’a aucune valeur légale pour exercer la profession. Second point : l’établissement est-il habilité à délivrer le diplôme d’État, et non une certification maison à l’intitulé trompeur.

Sur la reconnaissance du diplôme, public et privé sont strictement équivalents dès lors que l’établissement est agréé.

Un DTS IMRT obtenu dans un IFMEM privé parisien ouvre exactement les mêmes droits d’exercice qu’un DTS obtenu dans un lycée public de province.

Quel salaire peut-on attendre après un DTS IMRT?

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À l’entrée dans la fonction publique hospitalière, un manipulateur en électroradiologie médicale est recruté sur la grille indiciaire du corps des techniciens paramédicaux, catégorie B.

Le salaire brut de départ se situe autour de 1 800 à 2 000 euros brut mensuel, auquel s’ajoutent les primes liées aux conditions d’exercice (travail de nuit, week-end, astreintes).

Le grade licence obtenu grâce au DTS a un effet concret sur la reclassification : les manipulateurs peuvent accéder plus rapidement aux échelons supérieurs et bénéficier de la revalorisation issue des accords du Ségur de la Santé, soit une prime mensuelle de 183 euros nets.

Avec cinq à dix ans d’expérience, un manipulateur en poste dans un service d’IRM ou de radiothérapie peut atteindre 2 400 à 2 800 euros brut.

Dans le secteur libéral ou les cliniques privées, les salaires sont légèrement plus élevés à l’embauche mais les avantages annexes (stabilité, retraite, protection sociale) sont différents.

La convention collective de l’hospitalisation privée fixe un cadre, mais les négociations individuelles restent possibles.

Le DTS IMRT tient-il ses promesses en reconversion?

Les profils en reconversion représentent une part croissante des candidats, notamment des aides-soignants, des techniciens de laboratoire ou des personnes issues d’autres secteurs scientifiques.

La formation est exigeante sur le plan scientifique dès la première année : physique des rayonnements, anatomie, radiobiologie.

Un candidat sans bagage scientifique récent devra anticiper une remise à niveau sérieuse avant même l’entrée en formation.

Sur trois ans, la charge de travail est réelle. Les stages en milieu hospitalier impliquent des horaires décalés, une exposition aux situations cliniques lourdes et une endurance physique non négligeable.

L’analyse réflexive des pratiques professionnelles fait d’ailleurs partie du référentiel de formation, ce qui suppose une capacité à prendre du recul sur ses gestes techniques et ses interactions avec les patients.

Le marché de l’emploi, lui, est favorable. La démographie des manipulateurs en activité montre des départs en retraite massifs à venir dans la décennie, et les plateaux techniques en imagerie médicale continuent de se développer.

Un diplômé motivé et mobile géographiquement trouve généralement un poste dans les six mois suivant l’obtention du diplôme. Ce n’est pas une garantie universelle – mais c’est un secteur où le diplôme ouvre des portes concrètes, pas des perspectives vagues.

Choisir ce métier en reconversion, c’est accepter trois ans de formation dense pour accéder à une profession stable, techniquement exigeante et au contact direct du soin.

Pour ceux qui cherchent une réorientation avec du sens et une utilité immédiate, peu de diplômes paramédicaux offrent une telle diversité de terrains d’exercice dès la sortie de formation.