Votre bulletin de paie de 2019 est quelque part dans un tiroir, froissé, peut-être introuvable. Pourtant, ce document vous sera réclamé lors d’une demande de prêt immobilier, d’un dossier de retraite ou d’un litige prud’homal.
MyArkevia part d’un constat simple : les salariés perdent des documents qu’ils auraient dû conserver des décennies. La réponse est un coffre-fort numérique accessible depuis n’importe quel écran, à n’importe quelle heure.
À quoi sert MyArkevia?
MyArkevia est une plateforme SaaS conçue pour centraliser et conserver les documents RH des salariés. Bulletins de paie, contrats de travail, avenants, attestations – tous ces documents sont déposés directement par votre employeur dans votre espace personnel, sur le site myarkevia.com.
L’idée est de remplacer la boîte à chaussures de documents papier par un espace sécurisé en ligne, accessible en permanence.
Vous pouvez télécharger vos fiches de paie à tout moment, les transmettre à votre banque en quelques secondes, ou simplement vérifier une ligne de votre rémunération sans avoir à fouiller dans vos archives.
La durée de conservation garantie atteint 50 ans, ce qui couvre largement l’ensemble d’une carrière.
Le service va au-delà du simple stockage. Des notifications vous alertent à chaque nouveau document déposé, et l’interface vous permet de trier vos documents par date ou par type.
Pour un salarié qui change d’employeur plusieurs fois dans sa vie, cette traçabilité a une valeur concrète.
Qui se cache derrière myarkevia.com?

Arkevia est un produit de Cegedim SRH, filiale française spécialisée dans les logiciels de paie et de gestion des ressources humaines, dont le siège se trouve au 17 rue de l’Ancienne Mairie à Boulogne-Billancourt.
Le service a été développé en 2016 et officiellement lancé en février 2017, avec un communiqué de presse signé par Cegedim annonçant la disponibilité commerciale du produit.
Cegedim affichait 649 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Ce poids financier est loin d’être anecdotique : il garantit la continuité du service sur le long terme, ce qui compte lorsqu’on parle de conserver des documents pendant 50 ans.
Plus de 350 clients ont adopté la solution, parmi lesquels Leroy Merlin, Altran et Cegedim elle-même.
Arkevia s’intègre dans le SIRH maison appelé Teams RH. Côté architecture, deux URL coexistent avec des rôles distincts : myarkevia.com est l’espace dédié aux salariés, tandis qu’arkevia.com est réservé aux équipes RH et aux administrateurs côté employeur.
Cette séparation est volontaire et évite que les salariés n’accèdent aux paramètres de configuration destinés aux gestionnaires de paie.
Comment accéder à son compte et s’inscrire sur MyArkevia?
L’inscription sur MyArkevia ne se fait pas de manière autonome. Vous ne pouvez pas créer un compte en arrivant directement sur myarkevia.com comme vous le feriez pour un service grand public.
C’est votre employeur qui déclenche le processus en renseignant votre adresse e-mail dans le système Cegedim SRH. Vous recevez alors un lien d’activation par e-mail, valable pour une durée limitée, qui vous permet de définir votre mot de passe et d’accéder à votre espace.
Une fois votre compte actif, la connexion se fait via www.myarkevia.com avec votre adresse e-mail et votre mot de passe.
L’interface est sobre et les documents apparaissent classés chronologiquement dès la page d’accueil de votre espace personnel.
Les problèmes de connexion les plus fréquents signalés par les utilisateurs sont les suivants :
- Mot de passe oublié – un lien de réinitialisation est disponible sur la page de connexion, l’e-mail arrive en quelques minutes
- Lien d’activation expiré – il faut contacter le service RH de votre entreprise pour qu’il génère un nouveau lien
- Compte bloqué après plusieurs tentatives – le déverrouillage passe également par le service RH ou par le support Cegedim SRH
- Adresse e-mail non reconnue – cela signifie que votre employeur a renseigné une autre adresse, ou que le compte n’a pas encore été créé côté administrateur
En cas de blocage persistant, le support Cegedim SRH est joignable via le portail arkevia.com. Votre interlocuteur principal reste toutefois votre service RH, qui a la main sur la gestion des comptes salariés.
L’application mobile MyArkevia : disponibilité et téléchargement

MyArkevia dispose d’une application mobile disponible sur iOS (App Store) et Android (Google Play Store). Vous pouvez la retrouver en tapant « MyArkevia » directement dans la barre de recherche de votre store habituel. Le téléchargement est gratuit.
L’application reprend les fonctionnalités essentielles de la version web : consultation de l’ensemble de vos documents RH, téléchargement en PDF de vos bulletins de paie, et réception de notifications push à chaque nouveau dépôt.
C’est ce dernier point qui change vraiment les usages – vous êtes prévenu le jour même où votre bulletin du mois est disponible, sans attendre le courrier ou penser à aller vérifier.
L’application Android a été signalée comme moins fluide que la version iOS sur certains forums utilisateurs, notamment sur les téléphones d’entrée de gamme. La version web reste plus complète pour des opérations comme l’export de plusieurs documents en une seule fois.
Pour une consultation rapide et le téléchargement ponctuel d’un document, l’application mobile remplit son rôle sans difficulté particulière.
Fiche de paie électronique : quelles règles légales s’appliquent?
La dématérialisation du bulletin de paie n’est pas une simple commodité : elle est encadrée par le Code du travail depuis la loi Travail de 2016.
Cette loi a inversé la logique antérieure : avant elle, l’employeur devait obtenir l’accord du salarié pour remettre un bulletin électronique. Depuis 2016, la remise numérique est possible sans accord préalable.
L’article L3243-2 du Code du travail donne toutefois un droit de refus explicite au salarié. Si vous préférez continuer à recevoir votre bulletin de paie en format papier, vous pouvez en informer votre employeur par écrit.
Ce refus doit être respecté sans que votre employeur puisse vous imposer le format numérique contre votre volonté.
Concernant la conservation, l’article D3243-8 du Code du travail fixe une règle précise. Le prestataire doit garantir l’accessibilité des bulletins de paie électroniques pendant 50 ans à compter du dépôt, ou jusqu’à ce que le salarié atteigne 75 ans si ce délai est plus long.
Cette double condition protège notamment les salariés qui commencent à travailler jeunes et dont la retraite interviendra plusieurs décennies plus tard. Arkevia s’engage contractuellement à respecter ces seuils légaux.
Sécurité et certifications : ce que garantit Arkevia sur vos données

La question de la sécurité est centrale pour un service qui stocke des données aussi sensibles que votre salaire, vos cotisations sociales ou vos informations personnelles.
Arkevia applique un chiffrement AES-256 pour les données stockées et le protocole TLS 1.3 pour les échanges entre votre navigateur et les serveurs. En clair : même en cas d’intrusion sur l’infrastructure, les données volées seraient inexploitables sans la clé de déchiffrement.
La politique dite de zéro connaissance signifie que Cegedim SRH elle-même n’a pas accès au contenu de vos documents. Seul vous, en tant que titulaire du compte, pouvez consulter vos fichiers.
Votre employeur peut déposer des documents, mais il ne peut pas lire ceux qui vous appartiennent dans votre espace personnel une fois que vous les avez reçus.
Les certifications obtenues par Arkevia confirment ce niveau d’exigence :
- ISO 27001 – norme internationale de référence pour la gestion de la sécurité de l’information
- NF Z42-013 – norme française spécifique à l’archivage électronique probant
- SOC 2 et SOC 3 – audits indépendants sur les contrôles liés à la sécurité, la disponibilité et la confidentialité
- HDS (Hébergeur de Données de Santé) – certification exigeante accordée aux prestataires qui traitent des données de santé, gage de rigueur globale
- Conformité RGPD – avec droits d’accès, de rectification et d’effacement exercisables sur demande
MyArkevia est-il gratuit pour le salarié?
Oui, l’accès à MyArkevia est totalement gratuit pour le salarié. Vous n’avez aucun abonnement à payer, aucune carte bancaire à renseigner, aucun frein de ce côté. Le coût du service est intégralement pris en charge par votre employeur dans le cadre de son abonnement à la solution Cegedim SRH.
Ce modèle économique s’explique simplement : c’est l’employeur qui tire un bénéfice financier direct de la dématérialisation. Le traitement d’un bulletin de paie papier coûte entre 3 et 5 euros, en comptant l’impression, la mise sous pli, l’affranchissement et l’archivage physique.
La version numérique divise ce coût par trois environ. Pour une entreprise de 500 salariés, cela représente aussi quelque 6 000 feuilles de papier économisées chaque année – sans compter l’empreinte carbone liée à l’acheminement postal.
Du côté salarié, le gain est différent mais réel : plus besoin de stocker des classeurs, de scanner des documents pour les envoyer à sa banque, ou de courir après un double de bulletin perdu. Ces petites frictions du quotidien disparaissent.
Les limites concrètes de la plateforme

MyArkevia a une contrainte structurelle que peu d’articles mentionnent clairement : vous dépendez entièrement de votre employeur pour activer et alimenter votre compte.
Si votre employeur n’utilise pas Cegedim SRH, vous n’aurez tout simplement pas accès au service. Impossible de créer un compte de votre propre initiative pour y déposer vos anciens bulletins.
Le changement d’entreprise pose aussi une question pratique. Vos documents déposés par votre ancien employeur restent accessibles dans votre espace, mais les nouveaux documents seront déposés par votre nouvel employeur – à condition qu’il soit lui aussi client de Cegedim SRH.
Si ce n’est pas le cas, vous vous retrouvez avec deux systèmes distincts, et l’historique de votre nouvelle entreprise n’ira pas dans MyArkevia.
Les retours d’utilisateurs signalent également des problèmes de connexion récurrents sur certaines configurations, notamment après une réinitialisation de mot de passe.
La procédure de déblocage passe par le service RH de l’entreprise, ce qui crée un délai supplémentaire pour des salariés qui ont besoin d’un document en urgence.
L’absence d’un support direct accessible au salarié – indépendamment du service RH employeur – est une lacune ressentie.
MyArkevia mérite-t-il la confiance sur la durée?
La question du long terme mérite une réponse franche. Cegedim est une entreprise cotée en bourse, active depuis 1969, avec 649 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
Le risque de disparition soudaine du service – cauchemar avec tout coffre-fort numérique – est donc faible comparé à une startup sans bilan établi.
L’engagement légal de conservation sur 50 ans est contraignant pour le prestataire : en cas d’arrêt du service, Cegedim serait tenue d’assurer la restitution des données ou leur transfert vers un autre système.
Ce n’est pas une promesse commerciale, c’est une obligation découlant directement de l’article D3243-8 du Code du travail.
Face aux autres coffres-forts numériques du marché comme Digiposte (La Poste) ou mon.service-public.fr, MyArkevia se distingue par son positionnement B2B strict : il n’existe que si votre employeur l’a choisi. Digiposte, par exemple, est accessible à tout particulier.
Cette différence n’avantage ni l’un ni l’autre en absolu – elle reflète simplement deux philosophies. MyArkevia mise sur l’intégration fluide côté RH ; la profondeur de la relation employeur-éditeur garantit que les documents arrivent sans action manuelle de votre part.
Votre bulletin de paie est là le jour où votre service RH le clôture – automatiquement, sans que vous n’ayez rien à faire. Pour un salarié pressé, c’est souvent ce qui compte le plus.